Rencontre avec Andrei Bals, skippeur de l’IKI-Samsic

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Publié le : 13 jan. 2020

12 ans déjà que Samsic sponsorise le voilier « IKI », un Luthi 990. Rencontre avec Andrei Bals, entrepreneur et skippeur du voilier.

 

- Pourriez-vous nous faire une brève rétrospective de votre carrière de skippeur ?

Je suis passionné de voile depuis toujours. J’ai fait beaucoup de régate en mer en Asie, en Amérique et majoritairement en Europe.

J'ai eu plusieurs bateaux, mais le dernier en date est un Luthi qui s'appelle IKI. C'est un magnifique bateau de lac de 10 mètres avec lequel nous naviguons sur toutes les régates lémaniques* depuis environ 10 ans. C’est le plus beau et le plus complet des bateaux de régate. Il a déjà 23 ans mais est extrêmement performant et convient pour toutes les occasions, que ce soit pour des sorties en famille ou pour naviguer sur le lac.

 

- Vous avez fini dans le Top10 au Bol d'or Mirabaud, quelle belle performance ; comment avez-vous vécu la tempête survenue lors de la course ?

C’était une tempête incroyable, comme je n’en n’avais jamais vue. J’ai pourtant navigué en mer dans des conditions passionnantes, mais jamais avec autant de vent. Nous avons enregistré des vents de 120km/h et, en plein milieu de la tempête, nous avons eu de la grêle. Les grêlons ont traversé la voile neuve, pourtant très solide. Le bateau était complètement couché et le mât dans l'eau.

Nous avons connu pas mal de difficultés. Des membres de l’équipage sont même tombés à l’eau. Nous avions pourtant pris des précautions en enlevant la grande voile mais lorsque le vent est arrivé, la voile s’est levée en quelques secondes et s’est coincée dans un hauban*. Une fois la voile dégagée, nous avons profité du vent pour prendre de l’avance, ce qui nous a permis de terminer à la 8ème place.

Cette tempête fut un petit événement d'une demi-heure sur une régate très longue. Il y a eu une grande diversité de météos pendant toute la nuit : du soleil, de la tempête et des couleurs incroyables. En bref, un Bol d'or magique.

interview Andrei Bals

 

- Vous avez remporté la SYZ Translémanique en Solitaire 2019, qu'est-ce qui a contribué à cette victoire selon vous ?

L’expérience du lac m’a très certainement aidé. La Translémanique est comparable au Bol d'or, mais en solitaire, car il s’agit du même parcours. Ceux qui disputent la Translémanique sont de bons marins, connaissant parfaitement leur bateau. Il faut oser, franchir ses limites. Cette épreuve est beaucoup plus physique que le Bol d’or, étant donné qu’on gère seul le bateau.

La différence avec le Bol d’or a été la très bonne lecture météo au départ. Il n’y a donc pas eu de piège dans le petit lac. On a réussi à monter trois bateaux avec lesquels je me bats tout le temps. On s'est poussé les uns les autres à se surpasser jusqu'au bout.

Arrivé dans le haut lac, les couleurs étaient magnifiques. Mais au retour, les choses se sont un peu compliquées car nous étions en pleine nuit, sans lune, avec une vaudaire*. Meteo Swiss avait prévu que le temps pouvait virer aux orages, comme au Bol d'or, nous étions donc tous un peu tendus. Au final, tout s'est bien passé. Je suis arrivé à 4h00 du matin, ce qui m’a permis de terminer 5ème sur environ 100 bateaux, et 1er en temps compensé*.

 

- Quelle est votre plus belle réussite en mer ? Votre meilleur souvenir ?

J’ai beaucoup navigué en mer, notamment sur des Maxi 80. En 1997 a été créée une course avec ces bateaux. L'idée était de regrouper l’ensemble des pays européens et de concourir autour de l'Europe. Cette grande régate est désormais organisée tous les deux ans et permet de traverser l’Europe, de Brest jusqu'en Finlande. Après mes études en matériaux, j'ai eu la chance d'être engagé sur un de ces bateaux, de l’équiper, de l’armer et de le faire voyager tout autour de l'Europe. Ce fut 4 mois incroyables et intenses. Nous avions peu de moyens, aucun financement ni sponsor. Nous avons vu toute l’importance de ces besoins, d’autant plus que nous concourrions contre des équipages professionnels.

L'expérience, étant jeune, était incroyable. Ce souvenir a une intensité particulière.

interview andrei bals

- Quels sont vos prochains projets/objectifs ?

Nous avons remporté le championnat du petit lac à deux reprises. Cette compétition s’articule en 10 régates sur le plan d’eau. Après la Translémanique, nous avons gagné une régate en double. Ces victoires nous mettent donc en bonne position pour gagner la dernière régate à Hermance appelée, « Les Pirates », et ainsi remporter le championnat. Jamais deux sans trois, comme on dit !

L’année prochaine, la Translémanique sera disputée par l’un de mes confrères, également propriétaire du bateau.

 

- Quelle relation avez-vous avec Samsic et ses collaborateurs ?

J’ai une très belle relation avec Samsic. Je connaissais Jérôme Pinçon avant même cette collaboration. Ça fait une douzaine d'années que Samsic suit IKI et qu'IKI suit Samsic. Cette collaboration nous a permis d'armer ce bateau magnifique car gagner les régates et rendre le bateau compétitif nécessite de nombreux investissements. Le soutien de Samsic a aidé à mettre en place une équipe et de se doter de voiles performantes pour gagner les compétitions. Aujourd’hui, le bateau rencontre du succès et remporte des championnats.

Depuis que les deux noms se sont associés, beaucoup d’amateurs de voile connaissent le bateau non seulement par son nom IKI mais aussi par Samsic.

J'aime cette collaboration et j'espère qu’elle durera encore longtemps.

 

*1 : Lémanique : sur le lac Léman.

*2 : Hauban : Cordage, câble servant à assujettir le mât d'un navire.

*3 : Vaudaire : vent du sud-est soufflant sur le haut du lac Léman.

*4 : Temps compensé : Temps attribué à un skieur pour sa performance, en appliquant au temps réellement effectué un coefficient qui tient compte de son niveau de handicap et du matériel utilisé.